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La plupart s’élancent avec aisance; sillonnent la patinoire... Comme chaque mercredi soir depuis près de deux mois, c’est reparti pour une bonne heure quinze d’entraînement sur le givre argenté des «Mélèzes»... «C’est un sport tellement sympa!» Peu inspirées par le volleyball ou la natation, ces sportives motivées auraient sans autres pu travailler l’axel ou la pirouette... Mais Myriam et les autres ont en revanche opté pour cannes, puck et genouillères, militant dès lors sans complexes au sein du HC La Chaux-de-Fonds féminin; dans un des trois groupes de Ligue Nationale C.
Holà aux charges!
«Nos patins n’ont pas de pointe, et on est obligées de porter la grille». Pour une protection maximale, d’après Myriam Vuille, rôdée au poste d’arrière depuis 1991. Quoique l’équipement reste identique à celui des sujets masculins... «Les risques sont les mêmes; c’est inhérent à ce sport! Pareil pour la licence qui nous est accordée dès douze ans et les règlements... On n’a juste pas le droit de charger de manière violente. C’est sifflé illico!» Un plus selon les spectateurs, estimant que les joueuses de champ développe ainsi un jeu nettement plus fluide, gagnant inévitablement en technique et qualité. Mais si tout Bodycheck vient automatiquement sanctionné, l’observateur critique attribue néanmoins à ces demoiselles de nombreuses fautes mineures, dont une ribambelle de coups de cannes dans les patins. «Il paraît qu’on en donne pas mal? C’est pas si faux... Mais ça provient plutôt d’une part de maladresse. On les fait peut-être un peu moins discrètement que les hommes, vu qu’on ne sait pas dissimuler les fautes autant bien qu’eux!»
Longévité
Parmi ces dix-neuf hockeyeuses âgées entre quinze et quarante ans, les plus anciennes ont étonnamment connu les prémices laborieux d’un club fondé en 1989. «Une bonne partie de l’équipe est là depuis le début ou presque... J’appréhende même le jour où le noyau fort arrêtera... C’est un souci dans la mesure où il n’y a pas de véritable mouvement junior en Suisse; ni assez d’entraîneurs prêts à lancer des jeunes filles. En Suisse alémanique, ils ont de l’avance sur nous... Il y a déjà plus de clubs, plus d’heures de glace possibles; et surtout plus de volonté pour développer le hockey féminin... On sent bien la différence quand on joue les Play-Off face aux meilleures équipes alémaniques des groupes 1 et 2. Leur niveau est nettement supérieur!»
Favorites?
Dans un groupe 3 qui rassemble essentiellement des équipes de Suisse Romande, les joueuses du HCC viennent pourtant de remporter aux «Mélèzes» leur premier match de championnat. Un 4-2 amplement mérité, cela dit, au détriment des sportives coriaces du HC Sierre... Et pour ce prochain dimanche 19 octobre, on leur souhaite une même combativité à Romont, face aux Outsiders fribourgeoises du HC Veveyse.
«Pas facile de pronostiquer... Ca sera sûrement un beau championnat; assez serré... Certaines équipes ont progressé, et ça devrait se jouer à peu de choses près... Notre chance: avoir de la glace quasiment toute l’année; ce qui nous permet des entraînements dès la mi-août. Un avantage que les joueuses du HC Lausanne n’ont pas, par exemple... Puis notre jeu super collectif, surtout... Parfois trop, même...» Voilà qui est bien modestement exprimé par Nathalie Ruedi, jeune gardienne titulaire de l’équipe... Puisqu’à l’avis de quelques virulents admirateurs, ils semblerait que nos valeureuses chaux-de-fonnières assureraient mine de rien un maximum, faisant même passablement figure de favorites! Quant aux éventuelles railleries du sexe opposé... «En tant que femmes dans un sport aussi explosif que le hockey, il faut reconnaître qu’on est bien mieux acceptées qu’il y a quinze ou dix ans. On remarque une plus grande ouverture d’esprit, et on ne s’entend en tous cas plus dire que notre place est... derrière les casseroles...»
Salomé Di Nuccio
Prochains matches à domicile:
25.10: HCC-HC Tavannes, 20h15.
09.11: HCC-HC Villars, 17h15.
15.11: HCC-Lausanne HC, 20h15.
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